Une art-thérapeute, cartographe du sensible
De l’interprétation à la traduction
Je ne suis ni psychologue, ni éducatrice, ni enseignante, ni artiste intervenante. Je suis art-thérapeute. Ma place se situe au croisement de la création, du soin, de l’expression et de la relation d’aide. J’interviens en complémentarité avec les autres professionnels, dans le respect du rôle de chacun.
Ma pratique s’inspire librement de la psychogéographie, qui étudie la manière dont les lieux et les déplacements influencent nos émotions, nos comportements et notre relation au monde. J’en transpose certains principes à l’expérience intérieure et à la création artistique, dans une visée thérapeutique.
J’accueille des enfants, des adolescents, des adultes et des familles. Les ateliers d’art-thérapie ouvrent une parenthèse apaisante à la souffrance. Sans prérequis artistique, les sens sont éduqués, la motricité entraînée et les perceptions interrogées. Les émotions esthétiques naissent et favorisent l’engagement à soi, à l’autre et aux soins.
Mon travail commence souvent là où l'on cherche encore son propre langage : des émotions explosives, un corps bavard, des paroles verrouillées, une fatigue profonde, une estime fragile, des liens abimés. L’art-thérapie permet de traduire l'indicible, de prêter attention à l'inaudible. Il ne s’agit pas d'interprèter à la place de l’autre, mais de comprendre ensemble.
Des langues étrangères au langage du sensible Une traduction singulière
Mon parcours a commencé avec les langues étrangères. Je voulais voyager et rencontrer d’autres cultures. Je cherchais aussi à comprendre ce que les autres avaient envie de me transmettre. Cette quête m’a conduite au-delà des mots. Je me suis intéressée au hors-verbal et à tout ce qui peut être perçu sans être immédiatement expliqué. J’ai appris à ressentir le sens au plus près de la personne, du contexte, sans interpréter à sa place. J’ai alors découvert un autre langage : celui du sensible. Un idiome plus universel qui passe par les émotions, les images, les gestes, les matières, les rythmes et les silences. L’art, à travers l’émotion esthétique qu’il suscite, m’est apparu comme un point de rencontre. Mon itinéraire professionnel a traversé plusieurs territoires. Après mon master, j’ai vécu en Angleterre et travaillé dans un cabinet d’avocats spécialisé dans les droits de l’homme. J’ai ensuite exercé dans le tourisme, le commerce et la communication. Je suis aussi devenue mère. Toutes ces expériences ont déplacé mon regard et nourri ma manière d’entrer en relation.
Des sentiers artistiques tracés aux pas de côtéLa matière comme horizon
Je ne viens pas d’un milieu artistique et je n’ai pas été formée aux Beaux-Arts. Je me suis emparée des arts librement. J’aime faire un pas de côté et explorer ce qui se trouve hors des cadres et des codes. Mes dominantes artistiques sont les écritures au sens large : littéraires, poétiques, visuelles, sonores, rythmiques, corporelles, rhétoriques et ludiques.
Toutes les écritures ne passent pas par les mots. Le corps possède sa grammaire. La voix dessine ses reliefs. Le silence laisse parfois une empreinte plus forte qu’une phrase. Chaque personne peut ainsi emprunter sa propre voie. Certaines entrent dans la création par l’écriture. D’autres passent par l’image, le son, le mouvement, la matière ou le jeu. Ces chemins différents peuvent conduire vers un même lieu : celui où une expérience devient perceptible
Je mêle à l'écriture expressive les arts visuels. Je peins sur des supports variés. J’aime les grands formats, les volumes et les espaces non académiques. Les murs éraflés, les sols que l’on foule, les meubles usés, les surfaces brutes sont pour moi des territoires de création.
Je suis sensible à la porosité des murs, aux aspérités et aux matières qui absorbent ou résistent. Ces surfaces portent déjà une histoire. Une fissure peut devenir une voie. Un relief peut déplacer le geste. Une trace ancienne peut ouvrir une nouvelle direction.
Créer sur un support imparfait invite à composer avec ce qui est là. Il ne s’agit pas de maîtriser le paysage, mais de l’explorer. Cette manière de faire nourrit profondément ma pratique d’art-thérapeute.
Des bancs académiques aux terrains Un apprentissage expérientiel
Je ne viens pas du secteur médico-social. Ma reconversion s’est construite par la formation, mais aussi sur le terrain. J’ai beaucoup appris en observant, en expérimentant et en rencontrant des professionnels et des publics très différents. Je me suis formée à l’AFRATAPEM de Tours puis au Diplôme universitaire d’art-thérapie de la Faculté de médecine de Lille. Mes stages m’ont menée en psychiatrie adulte, en maison d’accueil spécialisée, en pédiatrie et en Maison des Adolescents. Mon engagement bénévole a également beaucoup compté. J’ai accompagné différents publics avec les Blouses Roses d’Évreux. Je suis aujourd’hui engagée à L’Outil en Main de Louviers. J’y rencontre des enfants qui ont besoin d’explorer et d’apprendre autrement. Certains présentent un trouble du spectre de l’autisme ou un autre trouble du neurodéveloppement. Je continue à me former tout au long de ma pratique. Ma curiosité me pousse à suivre les avancées en neurosciences, en psychologie et en pédagogie. Ces connaissances m’aident à affiner mon regard et à ajuster mes propositions. J’ai également suivi la formation aux Premiers secours en santé mentale, module Jeunes. Elle complète mon expérience auprès des adolescents et m’aide à mieux repérer les signes de détresse psychique.
Des publics et des parcours variés Une même attention à la singularité
J’accompagne des enfants, des adolescents, des adultes et des familles. Je travaille en libéral et au sein de structures sanitaires, sociales ou éducatives. Je rencontre aujourd’hui beaucoup d’adolescents. Cette période de la vie m’intéresse particulièrement. L’identité évolue. Les relations changent. Le rapport au corps, à la famille et au groupe se transforme. Certains jeunes vivent avec un TDAH, un TSA ou un autre trouble du neurodéveloppement. D’autres traversent une période d’anxiété, d’hypersensibilité, de dépression ou de décrochage scolaire. Leur estime d’eux-mêmes peut être fragilisée. Les mots ne sont pas toujours disponibles pour expliquer ce qui se passe. Je reste cependant attentive à ne jamais réduire une personne à son âge, à son diagnostic ou à sa difficulté. Chaque profil demande une rencontre différente. J’adapte mes supports, mon rythme et ma façon d’entrer en relation. Je cherche ce qui peut susciter l’intérêt et permettre à la personne de s’engager.
Du corps sensibilisé au territoire sensibleUn accompagnement artistique comme soin de support
Le corps est notre premier territoire. Il nous met en relation avec le monde. Il ressent, réagit, mémorise et garde parfois la trace de ce que les mots ne peuvent pas encore raconter. Je rencontre des personnes dont le rapport au corps a été bouleversé par l’anxiété, la douleur, la maladie ou les transformations de la vie. J’interviens notamment en oncologie auprès d’adolescents et de jeunes adultes. La maladie, les traitements, l’hospitalisation, peuvent modifier l’apparence, les perceptions et les repères. Elle touche aussi l’image de soi et la manière de se projeter. Je prête attention à ce corps sans chercher à parler à sa place. La création permet de l’écouter autrement. Elle peut aider à retrouver des sensations agréables, à donner une forme à une peur ou à rendre certains changements plus perceptibles. Il ne s’agit pas de réparer ni de retrouver le corps d’avant. Il s’agit simplement de soutenir un geste, une présence ou d’apporter un apaisement, de permettre à la personne de décider de ce qu’elle souhaite montrer, transformer ou garder pour elle.
De l’universalité des émotions à la singularité des ressentisUne relation d’aide thérapeutique et éthique
Je ne guide pas comme si je connaissais le chemin de l’autre. Je créé à ses côtés. Je peux l’aider à repérer ses ressources et à relier certains points. Je peux proposer des détours ou ouvrir des possibilités. La personne accompagnée reste l’autrice de sa carte. Mon approche est humaniste et centrée sur la personne. Elle repose sur l’écoute, l’authenticité et le respect de son rythme. Je veille à proposer un cadre sécurisant et confidentiel. J’explique ce que je fais et pourquoi je le propose. Rien n’est imposé. Je reste attentive à mes limites professionnelles. Je questionne ma pratique et je l’inscris dans une démarche éthique. Lorsque la situation le demande, je travaille en complémentarité avec les autres professionnels. Je ne cartographie jamais à la place de l’autre. Je l’accompagne, l’oriente, pour qu’il puisse reconnaître son propre territoire et choisir les chemins qu’il souhaite explorer.
Les coordonnées Entrer en correspondance
Toute rencontre commence par un premier signe. Cet espace permet de me contacter, de découvrir les lieux dans lesquels j’exerce et de trouver les informations nécessaires pour envisager un accompagnement, un atelier ou une collaboration.
Entrer en correspondance ne signifie pas encore choisir une destination. C’est simplement ouvrir un premier passage.
Je vous invite à entrer dans cette carte avec curiosité, comme on ouvre un carnet de voyage, sans itinéraire obligatoire.
Elodie Ducastel - Art-thérapeute
8 square Albert Premier
27400 Louviers
Tél. 06 86 30 63 23
Mail : elodie@mon-art-therapie.fr
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